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mercredi, 10 octobre 2007

Mardi soir (1)

Eh ben j’ai bien fait de venir en avance au rendez-vous, vingt minutes à errer dans les ramifications souterraines de la gare de Nagoya avant de retrouver la bonne entrée de métro. Pourtant, il y a deux mois, j’y ai passé deux heures habillée en alsacienne à distribuer des prospectus pour promouvoir le festival de samba du parc – ça ne s’oublie pas.

Je ne suis pas la seule en avance, les deux autres sont là aussi, deux jeunes supérieurs du parc, T-san, le garçon, et S-san, la fille.

-         Bonjour !

-         Bonjour, tu as pensé à ton costume ? Ah, bravo, c’est très bien !

-         Bon, on est en avance, on va y aller lentement.

Le lieu du rendez-vous est tout proche. Il n’est que 17h, on a une demi-heure d’avance. On flâne dans des magasins de produits culinaires occidentaux luxueux pour tuer le temps. Je marche derrière eux.

-         C’est cher, hein ?

-        Ah oui, quand j’ai été en France, on en trouvait pour moins cher.

-         Et ça ,c’est quoi ?

-         Heu, je sais pas. Peut-être pour faire des gâteaux.

-    Ah, c'est super. 

Je finis par poser ma question :

-         Excusez-moi, mais qu’est-ce que je devrai faire en fait, ce soir ?

-         Euh… Ben, t’auras rien à faire, tu mets le costume, et tu dis bonjour aux gens.

-         Ah.

On arrive à destination. T-san s’adresse à l’accueil du bâtiment, on nous désigne un ascenseur. La liftière nous fait patienter, T-san lui indique le nom du restaurant où l’on se rend, c’est au 42ème étage. Nous rentrons avec elle dans l’ascenseur en verre, qui comporte deux boutons : 23 et 41.

-         Ça fait bizarre aux oreilles, hein…

La porte s’ouvre sur un large espace au sol noir brillant. Nous empruntons l’escalator et arrivons à l’entrée de l’Auberge de l’Ill de Nagoya, ouverte en mars de cette année. Avant de venir, je me suis un peu renseignée sur internet. La maison-mère vient de fêter ses quarante ans de trois étoiles au Michelin. Ce soir, le restaurant de Nagoya reçoit les invités d'un colloque sur le tourisme en Alsace. 

La moquette est épaisse comme un tapis de mousse dans une forêt tropicale, le plafond haut comme la canopée. 

Surtout, ne penser à rien.

Commentaires

hé ben c'est uen sacrée vie que tu as! Plutôt curieuse comme situation....

Gros bec
dorine

Ecrit par : dorine | mercredi, 10 octobre 2007

Ca, ce sont des nouvelles fraiches puisque ,aujourd'hui, nous sommes aussi au 10 0ctobre !!! mais tu as déjà connu la suite de cette merveilleuse visite. Un restaurant français ? ... et toi en décor ! si tu savais comme nous sommes fiers de toi!!! Pas au point, quand mème, de ne pas oser t'embrasser. Ce que nous faisons avec tendresse.

Ecrit par : pierre | mercredi, 10 octobre 2007

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