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mercredi, 28 mars 2007

Journee - premiere partie

Le matin, je me reveille a 6h50 le samedi et le dimanche, dix minutes plus tard les autres jours. Je descends de ma chambre dix minutes plus tard, le petit dejeuner est pret : corn-flakes, yaourt avec du coulis de fruit, un the anglais, et des morceaux de pomme ou des fraises. Je mange et discute un peu avec le couple chez qui j'habite, je fais un tour a la salle de bain, et je pars vers 7h55 le week-end, dix minutes plus tard les autres jours. Je marche environ dix minutes au milieu de la campagne, le long d'une route bordee de maisons. Il n'y a en general personne, j'ecoute de la musique avec mon baladeur mp3. J'arrive la premiere a l'arret de bus, j'attends un peu, le bus arrive.

Je monte dans le bus, et pendant les treize minutes du trajet, je me maquille. Puis le bus arrive a Inuyama Eki, a 8h21 le week-end, dix minutes plus tard les autres jours. Je parcours 15 metres et m'assieds a l'arret de mon deuxieme bus, qui passe a 8h45 tous les jours. Petit a petit, d'autres membres du staff arrivent, parmi eux souvent le directeur, et plein de baito. Souvent, pendant le trajet, je discute avec un collegue, en general avec difficulte et de sujets sans interet. Le bus arrive a Little World a 9h, je vais me changer dans la piece prevue a cet effet (mon costume m'attend dans mon casier), puis je passe au bureau pour pointer, entre 9h12 et 9h14 en general, et je rejoins l'entree ou j'attends 9h30 que les portes s'ouvrent, puisque je ne suis d'aucune utilite avant ca.

La, je suis postee a l'interieur, mais une fenetre me permet de communiquer avec les clients, qui eux restent a l'exterieur. Mon role est de les accueillir en disant "bonjour", puis de decouper le billet qu'ils viennent d'acheter deux metres plus tot, puis de les remercier en japonais, tout en leur remettant le plan du parc. Il existe aussi des clients abonnes a l'annee, dont je dois biper la carte. Pour ces taches elementaires, je suis assistee d'un Japonais, qui la plupart du temps ne sert quasiment a rien, mais qui sait - en principe - repondre aux questions des visiteurs.
 

Je travaille donc à l’entrée jusqu’à onze heures et quart. Après cela, je passe prendre mon sac dans mon casier, et rejoins la maison alsacienne, qui se situe dans le village européen, entre l’Allemagne et l’Italie (à Little World, il y a trois pays en Europe). Pour ce faire, je prends le bus de Little World, un joli bus vert et jaune, qui fait parfois des pointes à 20km/h, dans les descentes. J’arrive donc en Alsace au bout de huit à dix minutes. Je salue ma collègue, et monte à l’étage pour prendre mon déjeuner, que m’a gentiment préparé la femme de ma famille d’accueil. Il est constitué de deux onigiri, de quelques légumes préparés et d’un dessert de fruits, assortis d’un sachet de thé. Le temps de manger tout ça, en lisant (Si le grain ne meurt, que j’ai fini hier, et depuis aujourd’hui, Japanese patterns of behaviour, trouvé dans la bibliothèque de ma famille d’accueil), qu’il est déjà midi et que je dois rejoindre la pièce des costumes.

C’est une pièce d’environ 15m2, agrémentée d’une petite fenêtre, dont je prendrai bientôt des photos. Elle contient une longue table en grande partie occupée par les robes, deux chaises, un poêle électrique, un miroir en pied à cadre de bois, un meuble pour les affaires des clients, deux penderies de costumes et un certain nombre de décorations plus ou moins alsaciennes et plus ou moins décoratives. Une partie de la pièce, celle où je me trouve, est couverte d’un tapis, qui nécessite qu’on retire ses chaussures ; sur environ 2m2, les clients peuvent avancer chaussés. Sur la porte, toujours ouverte, sont accrochées des photos des costumes proposés aux clients : deux costumes « traditionnels » alsaciens, et une robe prétendument de la noblesse française, plus un costume alsacien pour hommes et petits garçons. Le premier costume, à robe rouge et tablier noir, est décliné de la taille deux ans à 1m70.

Mon travail, ici, consiste à attendre le client, pour commencer. Quand celui-ci arrive, il se présente sous plusieurs formes : jeune couple, groupe de jeunes filles, groupe de jeunes mixte, couple avec enfants, grands-parents et enfants, plus rarement femme seule, exceptionnellement homme seul – dans ce cas, il ne vient pas pour essayer le costume mais pour faire des photos de moi. Quelle que soit la combinaison, j’accueille par un « bonjour » en français, je demande (ou souvent ma collègue s’en charge) quel costume est désiré, et réclame – poliment – le prix en conséquence. Pour les deux premiers costumes, c’est 300 yen (environ 2 euros), pour la robe de noble, c’est 500 yen. J’encaisse l’argent, remets une carte au client, et lui demande de retirer son manteau et de déposer son sac sur le meuble derrière lui. Pendant qu’il s’exécute, je saisis le chemisier – la même taille pour tout le monde, et le présente au client. Tous les costumes s’enfilent par devant, et se ferment avec des scratches à l’arrière. Dans le même temps, j’effectue l’opération la plus délicate, à savoir l’estimation de la taille et de la corpulence du client, et le choix de la robe qui en découle. Il s’agit de ne pas vexer le client.

Pour une corpulence normale, les robes sont plutôt larges, mais arrive parfois des clientes dont le tour de taille fait deux fois le mien, ce qui n’est pas peu dire. Dans ce cas, tout est prévu : des pièces de tissu munies de scratches peuvent être discrètement rajoutées dans le dos du client, au propre comme au figuré. Après la robe, viennent le tablier, le col à dentelles et le chapeau. Une fois le client costumé, il est possible de le flatter – en particulier les enfants.

mardi, 27 mars 2007

Miroir

Mon nez me semble d'une longueur incroyable.

samedi, 24 mars 2007

Decor

En face de l'ordinateur ou j'ecris chaque jour mes mails, dans le batiment de Freude, International Sightseeing Center of Inuyama, il y a - notamment - une tete de chien (un berger allemand, je crois) imprimee en relief sur une plaque de metal encadree, une statue d'oiseau, un grand calendrier, une horloge dereglee montee sur une epaisse ardoise de qwartz, un vase contenant des fleurs sechees et une immense peluche de chien avec une antenne sur la tete.

mercredi, 21 mars 2007

Apprentissage

Je m'ameliore beaucoup en mime.

mardi, 20 mars 2007

J+5

Fatiguee mais contente.

mardi, 13 mars 2007

J-2

L'oreille collée au ventre de mon amoureux, j'imagine des paysages vallonnés agrémentés de ruisseaux chantants, des combats de bêtes féroces, des spectacles de lave en fusion...

Et puis je bouge la tête. 

lundi, 12 mars 2007

J-3

Il y a deux jours, en me regardant dans le miroir, j'y ai vu pour la première fois une jeune femme.

dimanche, 04 mars 2007

J-10

Les meilleurs calculateurs d'entre vous auront décelé une anomalie dans le décompte des jours me séparant du départ ; c'est que celui-ci a été repoussé au 14 mars au matin. En attendant, je roucoule avec mon amoureux, ce qui explique mon silence ici.

C'est d'ailleurs mon amoureux qui m'a montré cette fantastique vidéo d'un comique japonais imitant un Français (puis un Coréen, un Allemand, un Chinois et un Russe).

Avec un détail qui tue que je vous laisse découvrir.

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