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jeudi, 26 octobre 2006
L'atchoum
Qui dira la torture de l'envie d'éternuer qui s'éternise, qui est sur le point de... ah non, finalement.
Qui dira le supplice du chatouillement nasal, des trois secondes qui suspendent le cours du monde, où l'être ne tend plus que vers un seul but, et l'amère déception de l'éternuement avorté ?
Qui dira la jouissance de l'atchoum libérateur ?
01:53 Publié dans Rouge (à l'intérieur) | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
mardi, 24 octobre 2006
La vérité sort de la bouche des enfants
(C'est la dernière, après j'en n'ai plus en stock, de citations d'enfants. Celle-ci est spécialement dédicacée à Alice)
Toujours le même Emilio, quatre ans et demi : "Oh, un bébé... Moi je déteste les bébés... [air belliqueux] Les bébés, ça fait caca tout le temps."
00:56 Publié dans Transparente | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 13 octobre 2006
L'attendeur
Emilio, quatre ans et demi : "J'ai envie de faire pipi, tu viens avec moi ?"
Moi : "Je suis en train de travailler avec ta soeur... Mais tu sais faire pipi tout seul, je t'ai déjà vu le faire. Tu ne veux pas y aller tout seul ?"
Emilio, se tortillant : "Nan, je veux pas y aller tout seul."
Moi : "Ok, je viens... Tu vois, tu y arrives bien tout seul, pourquoi tu veux que je sois là ?"
Emilio : "C'est parce que j'ai un peu peur."
Moi : "De quoi ?"
Emilio : "C'est parce que j'ai vu Pirates de Caraïbes, avec Jack Sparrow et des squelettes, et tout ça ça fait un peu peur..."
Moi : "Ah oui, mais Jack Sparrow il est pas dans ta salle de bain, et les squelettes non plus, y'a pas de raison d'avoir peur."
Emilio, après un silence méditatif : "Quand je serai grand, moi j'aurai un attendeur."
Moi : "?!?... C'est quoi un attendeur ?"
Emilio : "C'est quelqu'un qui attend son chef dans la salle de bain pour pas que il a peur."
19:25 Publié dans Blanche | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
samedi, 07 octobre 2006
La justice démasquée (ou le style des arrêts)
Lu ici, un arrêt rendu par la 1re chambre civile de la cour d'appel de Riom le 7 septembre 1995, qui déboutait les auteurs d'une plainte pour "troubles anormaux du voisinage" déposée contre les propriétaires d'un poulailler : "Attendu que la poule est un animal anodin et stupide, au point que nul n'est encore parvenu à le dresser, pas même un cirque chinois ; que son voisinage comporte beaucoup de silence, quelques tendres gloussements et des caquètements qui vont du joyeux (ponte d'un oeuf) au serein (dégustation d'un ver de terre) en passant par l'affolé (vue d'un renard) ; que ce paisible voisinage n'a jamais incommodé que ceux qui, pour d'autres motifs, nourrissent du courroux à l'égard des propriétaires de ces gallinacés ; la cour ne jugera pas que le bateau importune le marin, la farine le boulanger, le violon le chef d'orchestre et la poule un habitant d'un lieu-dit".
Malheureusement beaucoup moins ironique (et irénique), un extrait d'un autre jugement, trouvé sur ce très bon blog : "Attendu que, pour condamner Mme M., le jugement retient notamment « la piètre dimension de la défenderesse qui voudrait rivaliser avec les plus grands escrocs, ce qui ne constitue nullement un but louable en soi sauf pour certains personnages pétris de malhonnêteté comme ici Mme M., dotée d'un quotient intellectuel aussi restreint que la surface habitable de sa caravane, ses préoccupations manifestement strictement financières et dont la cupidité le dispute à la fourberie, le fait qu'elle acculait ainsi sans état d'âme et avec l'expérience de l'impunité ses futurs locataires et qu'elle était sortie du domaine virtuel ou elle prétendait sévir impunément du moins jusqu'à ce jour, les agissements frauduleux ou crapuleux perpétrés par elle nécessitant la mise en oeuvre d'investigations de nature à la neutraliser définitivement".
Et moi qui pensais que le style judiciaire était plat et normalisé...
16:21 Publié dans Verte et rose | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
La justice masquée (ou l'ombre du Z)
- Jeudi, 14h et des poussières, oral de culture générale de l'Enssib : "Le texte que je vais commenter est tiré de l'ouvrage de Martin Winckler intitulé Le rire de Zorro"
- Vendredi, 9h45, Emilio, quatre ans et demi "Et ça, c'est la lettre de Zorro ! Mais moi j'ai pas le cheval de Zorro, moi j'ai juste la cape de Zorro, le masque de Zorro, l'épée de Zorro..."
- Samedi, 10h30, moment détente, matage d'épisodes de One piece : "Oh, c'est Zorro le chasseur de primes !"
Dieu voudrait-il m'envoyer un signe ? Est-ce que je dois me laisser pousser la moustache ? Arrêter de manger avant de ressembler au Sergent Garcia ? Devenir un justicier masqué et changer mon nom en "Zlanche" (parce que tracer un B à la pointe de l'épée, c'est super dur) ? Arrêter de surinterprêter les coïncidences de mon quotidien ?
16:04 Publié dans Blanche | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
mardi, 03 octobre 2006
La fête
Enfin, la mienne : c'est aujourd'hui qu'on fête les Blanche, et les Gérard aussi. Surtout les Gérard, d'ailleurs, mais c'est uniquement parce qu'ils ont l'avantage du nombre. Et aussi parce qu'ils sont plus forts, souvent.
18:10 Publié dans Transparente | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
dimanche, 01 octobre 2006
L'Actor's Studio
En ce moment, je garde et je donne des cours à deux enfants : un petit garçon de quatre ans et demi, et une fillette de bientôt dix ans.
Un des jeux auxquels on joue s'intitule "Le cuisinier". C'est ma meilleure amie, Dorine (les habitués la connaissent) qui a été leur baby-sitter, qui l'a inventé avec eux. Le jeu se déroule comme suit :
Le lit des parents est une grande poêle, et chaque enfant est à tour de rôle le cuisinier. Celui-ci choisit le plat qu'il va préparer, et distribue les rôles : "Toi, tu es une carotte, et toi tu es une pomme de terre" ou bien "Toi, tu es des spaghetti, et toi tu es la sauce". Les légumes sont ensuite découpés, les pâtes plongées dans l'eau bouillante, la pâte à tarte étalée, les crêpes roulées... et le tout est chauffé. Les ingrédients éternuent quand on rajoute le poivre, pleurent quand ce sont des oignons, se trémoussent quand c'est du sel. Puis le cuisinier saute sur les ingrédients et tout le monde finit par se chatouiller.
C'est plutôt rigolo, même si ça demande beaucoup d'énergie. Ce que j'adore, c'est voir la gamine mimer les spaghetti qui se ramollissent progressivement dans l'eau, ou quand le petit me dit "Nan, tu fais pas bien la pomme de terre, regarde il faut faire comme ça". Lee Strasberg n'a rien à leur apprendre.
23:55 Publié dans Blanche | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note

